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Tectonique des plaques

Au moment où la Terre s'est formée, il y a environ 4,57 milliards d'années, sa surface est majoritairement constituée de roches partiellement et totalement fondues avant de se solidifier rapidement.

En effet, à peine 100 millions d'années après sa formation, il y a « de l'eau liquide en surface ». Ainsi, à l'Hadéen (au plus ancien des temps) se crée une lithosphère probablement d'un seul tenant. Vers 3,2 milliards d'années (info 2020), s'initie son découpage en plaques tectoniques.

Les plaques tectoniques sont constituées d'une lithosphère océanique et/ou continentale, caractérisée par les croûtes des mêmes noms respectifs, sous lesquelles se trouve la zone rigide du manteau supérieur.

Plaques tectoniques

La surface de la Terre, la lithosphère, est un véritable puzzle géant formé de nombreuses plaques tectoniques. Leur agencement, très particulier, intrigue depuis longtemps les géologues.

Il existe de grandes plaques comme les plaques américaine, pacifique, eurasiatique, africaine, australienne et antarctique, ainsi que de nombreuses plaques plus petites.

Créées au niveau des dorsales océaniques, où la matière issue du manteau se solidifie, les plaques océaniques s'enfoncent dans le manteau sous-jacent au niveau des zones dites de subduction, là où elles « coulent » sous les plaques tectoniques voisines moins denses.

Le découpage en plaques n'affectant que la lithosphère, elles sont épaisses d'environ cent kilomètres pour les parties continentales, avec néanmoins une forte variabilité latérale de cette épaisseur, selon l'histoire géodynamique de la région.

La plus grande en surface est la plaque pacifique. C'est également celle qui se déplace le plus rapidement, environ huit centimètres par an, par rapport au référentiel des points chauds.

La limite entre deux plaques peut être très claire, comme dans le cas des dorsales ou des fosses de subduction, mais elle peut être également très floue lorsque la limite correspond à une zone de déformation plus ou moins étendue de la lithosphère, comme c'est le cas entre la plaque eurasiatique et la plaque africaine au niveau de l'océan Atlantique ou de la mer Méditerranée occidentale.

Il existe également des plaques soumises à des processus d'orogenèse, c'est-à-dire à des phénomènes de disparition, de soudure d'une autre plaque, etc. Il s'agit notamment de la plaque adriatique, de la plaque Explorer et de la plaque Gorda.

D'autres phénomènes, comme les points chauds, impliquent les plaques tectoniques. Les points chauds expliquent l'existence de volcans en dehors des zones de contact entre plaques.

La dynamique des plaques

Une analyse de modèles en 3D a permis d'identifier les mécanismes à l'origine de l'agencement actuel des plaques.

Ces données ont mis au jour deux phénomènes indépendants qui permettent d'expliquer la formation des grandes et des petites plaques : les grandes plaques sont corrélées aux grands mouvements de convection dans le manteau ; les petites plaques découlent, quant à elles, d'une fragmentation de la lithosphère due aux fortes tensions qu'elle subit lorsqu'elle plonge dans le manteau au niveau des zones de subduction.

Ces travaux ont eu plusieurs conséquences importantes. Notamment, le fait d'avoir sous-évalué le nombre de plaques aujourd'hui disparues a aussi amené à sous-estimer le kilométrage des zones de subduction dans le passé.

Or ces zones ont un impact important sur le climat : elles sont le siège d'un volcanisme important et donc de fortes émissions de dioxyde de carbone (CO2), aux effets importants sur le climat.

Source : lejournal.cnrs.fr — « Le puzzle des plaques tectoniques enfin résolu »

Croquis des plaques tectoniques

Mouvement des plaques terrestres

À ce jour, les plaques tectoniques semblent immuables !

Vu dans Sciences et Avenir, août 2016 : des scientifiques ont cherché à modéliser leur disposition optimale. Ils ont retrouvé 53 plaques tectoniques actuelles et leur configuration n'aurait pas changé depuis au moins 500 millions d'années.

Explication des mouvements des plaques tectoniques

Une plaque tectonique ou plaque lithosphérique est un fragment de la lithosphère qui résulte de son découpage à la manière d'un puzzle par un système de failles, de dorsales, de rifts et de fosses de subduction.

Les plaques lithosphériques se déplacent de quelques centimètres par an dans des directions différentes, ce qui entraîne la formation de zones de divergence, de subduction, de collision et de coulissage.

De : upload.wikimedia.org — carte des plaques tectoniques

Les plaques tectoniques sont composées de deux types de lithosphères :

Plaques tectoniques
Zone de subduction

La lithosphère océanique est composée d'une couche sédimentaire, absente si la plaque est jeune, de croûte océanique et d'une partie du manteau supérieur.

La lithosphère continentale est composée de croûte continentale, d'une partie du manteau supérieur et d'une plateforme continentale immergée.

Dans la plupart des cas, les plaques sont mixtes : plaque sud-américaine, plaque eurasiatique, etc.

On peut également différencier deux types de plaques suivant leur extension latérale :

Les plaques majeures, au nombre de quatorze selon certaines classifications (plaque australienne, plaque eurasiatique, plaque nord-américaine, etc.).

Les plaques mineures ou microplaques, au nombre d'une quarantaine (plaque des Mariannes, plaque Scotia, plaque de la mer des Moluques, etc.).

Leur nombre total ne fait pas consensus, d'autant plus que la formation de zones de fractures est à l'origine actuelle de nouvelles microplaques et que des plaques majeures peuvent actuellement se briser en deux.

Plaques disparues : Bellingshausen, Cimmérie, Farallon, Ibérie, Insulaire, Intermontane, Izanagi, Kula, Lhassa, Phœnix.

Plaque de Qiantang.

Ces plaques plus petites sont généralement mentionnées sur les cartes tectoniques mais, à l'exception de la plaque arabique, elles ne possèdent pas une superficie significative de terres émergées :

Plaque arabique
Plaque caraïbe
Plaque de Cocos
Plaque Juan de Fuca
Plaque de Nazca
Plaque philippine
Plaque Scotia

Détails des plaques majeures et mineures

*** commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1307874

L'image que nous avons maintenant est celle d'une planète active et complexe dont la croûte est composée de plaques océaniques et continentales, de compositions minéralogiques différentes, sans cesse en mouvement sous l'action combinée des courants de convection internes et de la gravité terrestre.

Des blocs continentaux se forment par collisions de plaques continentales et se déchirent. On pense que le cycle est de 400 millions d'années.

Des plaques océaniques, plus lourdes, participent à ce ballet incessant depuis plusieurs milliards d'années et finissent souvent par plonger à l'intérieur de la Terre par subduction.

Forme réelle de la Terre

Forme géoïde de la Terre Forme réelle de la Terre
Schéma des plaques tectoniques

Le séisme de Rognes-Lambesc de 1909

Le séisme de Rognes-Lambesc de 1909 est le plus important survenu en France depuis 1900. Il a provoqué d'importants dégâts dans la région.

Détails d'une tranchée dans la région du séisme de Lambesc (1909). Photographie (à gauche) et dessin interprétatif (à droite) de la tranchée.

Dans cette tranchée, on peut voir des terrains anciens, du Tortonien, de plusieurs millions d'années, bloc de gauche, qui chevauche des terrains récents, plus jeunes que trois cent mille ans, bloc de droite.

Les traits pleins, entre les deux domaines, illustrent les différentes failles permettant le déplacement du bloc gauche sur le bloc droit. La flèche, en haut, pointe vers le dernier déplacement qui affecte la base du sol actuel et qui est interprété comme résultant du séisme de 1909.

(Étude Chardon et al., 2003, 2005)

Tranchée de la région du séisme de Lambesc

Ci-dessus, on voit bien la limite des deux plaques (une qui passe sous l'autre) à droite : vue générale de la tranchée dans la région du séisme de Lambesc, en Provence, en 1909.

Magnitude 6 et intensité maximale VIII-IX, au sud du chaînon de la Traverse, au nord-est d'Aix-en-Provence. C'est à l'intérieur de cette tranchée que l'on voit la limite des deux plaques.

Rv 2005 -               Sources Sciences et Vie corigée IA   2026-09 Rv