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- LUNA : Projet de sondes de l'Union russe ou soviétique (Ye-) et le projet de navette Bourane.Le programme Luna regroupe toutes les missions spatiales automatiques lancées par l’Union soviétique vers la Lune entre 1959 et 1976. 24 sondes spatiales font officiellement partie de ce programme, mais il y en eut en réalité 45 en tout. 15 de ces missions ont atteint leurs objectifs. Depuis la dernière mission du programme Luna (Ye-) en 1976, l'Union soviétique et la Russie, qui a pris le relais du programme spatial, n'ont plus lancé de sonde vers la Lune. Ce programme Luna, comme les programmes homologues américains (Programme Surveyor, Lunar Orbiter ainsi que le programme Apollo), a beaucoup fait progresser notre connaissance de la Lune. Ce programme Luna a mis en œuvre des sondes spatiales de différents types (impacteur, orbiteur, atterrisseur, rover, retour d'échantillon). Celles-ci sont de plus en plus sophistiquées, avec une masse croissante de 361 kg à près de 6 tonnes pour les rovers et les derniers orbiteurs.
Plusieurs lanceurs ont été utilisés, mais tous ont souffert de problèmes
de fiabilité qui sont à l'origine d'une grande partie des échecs des
missions Luna.
La sonde Luna 1 marque le début de l'exploration spatiale. Luna 2 (ici à gauche) (Ye-1a), en 1959, est le premier objet artificiel à atteindre le sol lunaire.
- Luna 3 (Ye-2a), orbiteur, en 1959 et 1960,
réalise les premières photographies de la face cachée de la Lune.
Les fusées N1 devaient permettre d'envoyer des cosmonautes vers la Lune, sur Mars ou autour de Vénus avec le vaisseau lourd habité TMK interplanétaire et de placer en orbite d'énormes stations spatiales. - Luna 4 (Ye-6), atterrisseur, fut la première sonde soviétique de seconde génération pour le programme lunaire. Il est également dit que Luna 4 devait faire exploser une bombe nucléaire sur la Lune. Cette idée fut abandonnée. Lancée par Molniya.
- Luna 5, atterrisseur, le 9 mai 1965,
était conçue pour poursuivre les essais en vue d'un atterrissage contrôlé
sur le sol lunaire.
Le dysfonctionnement du système de rétrofusées conduisit à un impact sur le sol lunaire, fatal à la sonde. Lancée par Molniya. - Le Luna suivant reste en orbite terrestre et devient Cosmos-111, qui regroupe un grand nombre de satellites lancés par l'Union soviétique puis la Russie. Le premier d'entre eux, Cosmos-1, est lancé le 16 mars 1962. - L'atterrisseur de Luna 9 et la sonde. (ici à gauche) - Luna 7 avait pour mission de réaliser un atterrissage en douceur sur le sol lunaire. En raison du déclenchement prématuré des rétrofusées, la sonde s'écrasa. - Luna 8 fut la huitième sonde soviétique du programme.
Lancée par le lanceur Molniya, qui venait d'être mis au point.
Ses sept instruments embarqués fonctionnèrent et transmirent leurs signaux pendant 56 jours avant que les batteries ne s'épuisent.
Les objectifs de la mission incluaient l'étude des émissions lunaires X et gamma afin de déterminer la composition chimique de la Lune, des anomalies gravitationnelles de la Lune, de la densité des flux de météorites en orbite lunaire et de l'intensité des radiations dans la région lunaire. Luna 11 fut la onzième sonde soviétique du programme Luna. Lanceur : Molniya. - Luna 12 (Ye-6Ls), orbiteur, 25 octobre 1966, est le premier à retransmettre des images TV de la Lune. Lanceur : Molniya. - Luna 14 (Ye-6Ls), orbiteur, lancée par Molniya le 7 avril 1968, est placée sur l'orbite lunaire. L'objectif principal du vol était de tester les systèmes de communication pour le projet d'atterrissage lunaire piloté par le N1-L3. Le suivi au sol de l'orbite de l'engin spatial a également permis aux contrôleurs de cartographier avec précision les anomalies gravitationnelles lunaires. Luna 14 portait également des instruments scientifiques pour étudier les rayons cosmiques et les particules chargées du Soleil.
C'est le premier robot à ramener un échantillon lunaire sur Terre sans intervention humaine : 105 g. À cette date de lancement, des roches lunaires avaient déjà été rapportées sur Terre par les missions américaines Apollo 11 et Apollo 12.
Lunokhod 1 devait fonctionner pendant trois jours lunaires, mais fonctionna en réalité pendant onze jours lunaires (onze mois terrestres). Les opérations de Lunokhod 1 ont officiellement cessé le 4 octobre 1971, date anniversaire de Spoutnik 1, après avoir parcouru plus de 10,5 kilomètres en prenant des photos et en effectuant de nombreux tests. - Luna 19 (Ye-8LS), troisième génération du projet, le 28 septembre 1971, la sonde se place en orbite et cartographie la Lune.
L'objectif principal de la mission Luna 20 était de retourner un échantillon du sol lunaire sur Terre. Luna 20 se posa sans encombre le 21 février 1972. Un échantillon de 55 grammes de sol lunaire fut prélevé grâce à un bras extensible équipé d'une foreuse et placé dans une capsule scellée. L'étage de remontée fut mis à feu le 22 février et permit à l'échantillon de retourner sur Terre. La capsule fut récupérée par les Soviétiques le 25 février 1972.
Les principaux objectifs de la mission étaient de prendre des photos de la surface de la Lune, mesurer les niveaux de lumière ambiante, observer le rayonnement X solaire, mesurer les champs magnétiques locaux et étudier les propriétés du sol lunaire.
Le vaisseau spatial portait des caméras et avait également pour objectifs l'étude du champ magnétique de la Lune, des émissions gamma de surface, de la composition des roches de la surface lunaire, du champ de gravitation, des micrométéorites et des rayons cosmiques. Luna 22 fut insérée dans une orbite lunaire circulaire le 2 juin 1974. Le satellite effectua de nombreux ajustements d'orbite au cours de sa durée de vie afin d'optimiser le fonctionnement des diverses expériences.
Le forage sur la Lune fut réalisé à plus de 2 mètres de profondeur. Luna 24 est restée pendant 37 ans la dernière sonde à s'être posée sur la Lune de manière contrôlée (« soft-landing »), jusqu'au 14 décembre 2013 lors de l'alunissage de la mission Chang'e 3 du CNSA. Luna 24 est la dernière sonde à avoir prélevé sur la Lune et retourné sur Terre des échantillons du sol de notre satellite. - Dès 1978, les Soviétiques avaient étudié la présence d'eau dans les échantillons de sol lunaire ramenés par Luna 24. - La navette Bourane -Le développement du programme Bourane commence au début des années 1970 en réponse au programme de navettes spatiales des États-Unis. Bien que les ingénieurs eussent préféré un véhicule plus petit et plus léger avec un corps portant, les Soviétiques firent pression pour concevoir une navette de la même taille que les Américains et s'inspirant fortement de celles-ci.
- Des réalisations soviétiques remarquables sont néanmoins réalisées
dans les décennies suivantes avec les sondes spatiales,
L'éclatement de l'Union soviétique et la crise économique qui s'ensuit mettent fin aux programmes les plus ambitieux et l'industrie spatiale russe traverse une période de crise aiguë. - Ce projet a été l'un des plus importants et des plus coûteux de l'histoire de l'exploration spatiale soviétique. La construction de cinq navettes Bourane a été lancée, mais une seule a volé. Un deuxième exemplaire a été achevé tandis que la construction des trois autres était en cours lorsque le programme a été arrêté. De nombreux autres modèles ont été construits pour la mise au point de Bourane, dont un exemplaire doté de quatre réacteurs d'avion, qui a permis de tester son comportement en vol subsonique. Tout comme lors des premiers essais des navettes américaines, les pilotes disposaient de sièges éjectables. La cabine pressurisée comporte quatre places pour les pilotes et six places passager. D'une masse de 75 tonnes à vide, elle peut emporter 27 tonnes en orbite à 450 km. La fusée Energia permet de lancer la navette Bourane.
- Comme on le voit, c'est immense ! - - Le programme Bourane a survécu suffisamment longtemps pour pomper des financements jusqu'à ce que son gouvernement n'ait plus rien à lui donner.
Elle a été placée en orbite autour de la Terre le 15 novembre 1988 pour un vol inhabité de 3 heures et demie. Le lancement réussi n'a pas été le spectacle attendu après tant d'années d'effort, mais son histoire ne s'arrête pas là. Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=dS_twW4upG8
- Comparaison des navettes américaine, russe et japonaise.
Energia fonctionne parfaitement, mais le système de guidage de la charge utile connaît une défaillance qui ne lui permet pas de se mettre en orbite. Le deuxième vol a lieu le 15 novembre 1988 et place la navette Bourane en orbite basse. Celle-ci, dépourvue d'équipage, revient ensuite au sol en effectuant un atterrissage automatique. Au cours des années 1990, l'industrie spatiale russe recherche des alliances pour sa survie. Elle devient un fournisseur majeur des constructeurs de fusées américains à travers des programmes comme Atlas ou Antares et commercialise ses capacités de lancement à travers des sociétés à capitaux mixtes comme ILS ou Starsem. L'outil industriel est restructuré. - La triste fin de Bourane : - - Abandonnée !
- Source images : "094-Destruction%20de%20Bourane%20Energia-Destruction%20of%20Buran%20Energia-end_111.jpg"
- Depuis le 21 octobre 2011, la fusée Soyouz est également lancée depuis le Centre spatial guyanais à Sinnamary. Ces lancements sont commercialisés par la société Arianespace, opérateur du CSG, qui est l'un des actionnaires de Starsem. - Fin 2018, l'activité de Starsem est en sommeil depuis 2013, les lancements de Soyouz par Arianespace depuis le CSG étant privilégiés. Fin décembre 2014, sur les 7 000 satellites lancés depuis le début de l'ère spatiale, 2 503 satellites portent la désignation Cosmos. Ceux-ci n'appartiennent pas à un programme donné mais comprennent tous les satellites militaires, ainsi que les satellites scientifiques et les sondes spatiales qui ont atteint l'orbite terrestre mais n'ont pas pu mener à bien leur mission. Les satellites sont lancés à partir des bases Baïkonour et Kapoustine par les lanceurs Vostok-K et Vostok-2. vr2022 |